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Le meunier d'Arbrefontaine.

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Le meunier d'Arbrefontaine.

Message par Admin le Mer 11 Oct 2017 - 13:02


Pierre Lawarée, un meunier très aisé, habitait un superbe moulin d'Arbrefontaine. Il était célibataire, et une parente s'occupait du ménage.

Les villageois n'aimaient guère notre homme ; qui avait naguère séduit Catherine, jeune femme naïve, en lui promettant le mariage. Avant de l'abandonner, sitôt enceinte de ses œuvres, dans le besoin et dans la honte. La malheureuse habitait à présent Haute-Bodeux, gagnant sa subsistance et celle de son enfant d'une façon dure mais honnête.

Or, à cinquante ans sonnés, le meunier tomba malade. Sa ménagère, mise dans la confidence par le médecin et qui lorgnait sur l'héritage, se garda bien de lui révéler la gravité du mal. Ce n'était qu'une mauvaise fièvre, disait-elle, qui passerait d'elle-même. Il n'en fut rien, bien sûr. Et ce fut seulement lorsque Pierre Lawarée, sentant sa fin venir, l'eut couchée sur son testament, qu'elle fit la seule chose qu'il restait à faire : appeler le curé au chevet du mourant.

Le prêtre entendit la confession du meunier, et lui recommanda instamment de réparer l'injustice. Pierre promit donc solennellement d'épouser Catherine avant sa mort, et d'en faire son héritière.

Aussitôt le curé envoya Colas, le valet, vers Haute-Bodeux afin d'en informer Catherine. Mais le cheval du maisse étant fourbu il dut s'y rendre à pied, par de mauvais chemins que la fonte des neiges rendait plus difficiles encore. Qu'importe : Colas, heureux de participer au salut de son maître et au bonheur de deux êtres sur cette terre, se mit en route dans les giboulées.

C'est trempé, et crotté des pieds à la tête à force d'avoir glissé dans les fondrières, qu'il arriva en lisière des fanges de Reharmont. Celles-ci, plus traîtresses que jamais, menacèrent de l'engloutir au premier pas. Et Colas ne devait pas se forcer pour entendre, dans la bise, le fracas du ruisseau en débâcle qu'il lui faudrait franchir ensuite. S'il arrivait jusqu'à ses berges.

Alors notre Colas s'en remit à la bienveillance du grand saint Hubert. Et il pria si bien que le Cheval Hora n'attendit même pas la fin de son oraison pour apparaître : "Gloire au grand saint Hubert !" fut la salutation.

Colas ne dut pas réfléchir bien longtemps pour comprendre qu'il s'agissait du fameux destrier du saint, protecteur de l'Ardenne et des Ardennais. Ni pour sauter sur son dos ; ni, à peine en selle, pour se retrouver à Haute-Bodeux. Juste devant la masure de Catherine.

Celle-ci, mise au courant du serment fait par le meunier, et regardant son enfant, saisit la main tendue par Colas. Hora les conduisit tous trois devant le moulin, en moins de temps que met la foudre pour tomber. Puis il hennit de joie et disparut.

Personne ne sut jamais ce qui se dit, entre Pierre et Catherine. Mais le prêtre, resté au chevet du meunier pour parer aux noirs desseins de sa parente, ne tarda pas à bénir leur union. Pierre Lawarée expira le lendemain, dans un repentir sincère et sous un ciel tellement dégagé que le village tout entier y vit un signe.

Catherine et son fils s'installèrent au moulin, où ils vécurent heureux ; et d'autant plus estimés qu'ils prirent soin de Colas jusqu'à son dernier souffle. Et même au-delà, puisqu'ils firent construire une belle et grande chapelle à Reharmont, en sa mémoire et en l'honneur de saint Hubert.

Hora, lui, lit en ce moment même par dessus mon épaule. Et il approuve à ce point cette adaptation du texte original qu'il compte bien en porter un exemplaire à sa mère, Épona.

En val de Lienne, le 11 octobre 2017.


#Arbrefontaine #légendes #Reharmont

Source :

Ce texte est une adaptation, fidèle sur le fond, de celui que l'on peut trouver dans la première édition en français de Wintergrün ( Musée "En Piconrue" éditeur, Bastogne 2003 ) et dont la source est le Journal de Bastogne des 17 et 24 janvier 1892. Titre original : "Le mariage sur le lit de mort".


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