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3 résultats trouvés pour légendes

Le revenant de Trou de Bra

Une mégère du Trou-de-Bra avait fait mourir son débonnaire de mari à petit feu. Afin de sécher ses larmes, elle s'empressa de convoler en secondes noces avec Jean-Hubert Halconreux. Qui, mais ça reste entre nous, s'il lui arrivait bien de chasser n'était pas un sacré fusil pour autant.

Droite sur ses jambes, les reins puissants, les bras musclés, elle se trouvait, rêveuse, sur le pas de sa porte, quand un voyageur lui souhaita le bonjour.

- Bonjour, beau monsieur. Et d'où arrive-t-on ? On vous croirait fatigué.

Car les habitants de Bra sont, dit-on, d'une curiosité phénoménale.

- Du Paradis, madame, lui répondit congrûment l'inconnu.
- Si vous habitez cet heureux séjour, n'y avez-vous pas rencontré Christophe, mon premier homme, trépassé depuis un an ?
- C'est un de mes meilleurs amis.
- Il était si brave ! Je le regretterai toujours. Pour combien de temps êtes-vous revenu ?
- Pour quinze jours.
- Mais alors Christophe pourrait, lui-aussi, obtenir un petit congé ?
- Ben, c'est que vous l'avez laissé partir tout nu, sans un sou vaillant...
- J'ai eu tort, reconnut-elle en pleurnichant. Malheureusement, Halconrue a mis toutes ses hardes.

Après réflexion :

- Qu'à cela ne tienne. Je cours vous chercher le costume de mariage de mon nouvel époux.

Et de s'exécuter.

- Hé ! Ventrebleu ! Sera-t-il requinqué ce cher Christophe. Qu'il va être heureux ! Seulement, il reste un hic : le voyage. Qui est long et coûteux.
- Voilà bien un coup de la Providence ! Nous venons justement de vendre une génisse pour dix-sept pièces. Permettez-moi de vous les confier.

Diligente, la femme apporte un petit pot de grès, enveloppé dans un vêtement.

- Voici l'argent. Prenez aussi, je vous prie, cette casaque. Ainsi, Christophe aura bien chaud.
- Madame, vous reverrez bientôt votre bienheureux.
- Au-revoir, monsieur. Merci encore, et bon retour !

À cette époque, point de grande route ourlant la Lienne, mais, à travers bois, des sentiers tordus et raboteux. À sa rentrée, Jean-Hubert trouva sa femme en pleurs.

- Qu'est il arrivé ?
- Je suis heureuse. Heureuse ! Figure-toi que Christophe est au Paradis.
- Qu'en sais-tu ?
- L'un de ses camarades vient de me l'apprendre.
- Ha ?
- Si fait. Et comme il m'assurait que Christophe recevrait la permission de nous visiter, je lui ai fait remettre ton beau costume.
- Mon... mon beau costume ?!
- Oui. Et les sous de la génisse.
- Les...
- Les dix-sept pièces.
- Satanée bête !
vociféra Jean-Hubert au paroxysme de la colère. L'avoine est encore trop bonne pour toi ! Et où est-il, cet imposteur ?!
- Parti. Du côté de Bra.
- Bride le cheval, bourrique ! Et plus vite que ça !!


Le voici dans la forêt. Bientôt, il aperçoit le revenant, qui marchait à grands pas.

- Hé, voleur ! Rends mes habits et mes écus !
- C'est pour Christophe, raille le mystificateur. Et, preste, il se jette dans un fourré.

Jean-Hubert glisse de sa monture, l'attache à un solide bouleau et, de son cul lourd, se lance à la poursuite du bienheureux permissionnaire.

Mais celui-ci, à la rebrousse, rejoint le cheval, dénoue les rênes et, comme un centaure, file sous le nez de son poursuivant. Qui, bouche bée, les bras ballants et la rage au cœur, assiste à l'envolée de sa fortune. Pauvre Jean-Hubert ! Que devenir ?

Enfin, l'oreille basse et le visage allongé, il regagna son logis à pas comptés.

Sa femme, frappée par son air dépité :

- Jésus, mon Dieu ! Qu'est-il arrivé ? Tu as l'air tout drôle...
- Bah, c'est que je me suis ravisé, dit l'autre.
- Ravisé ?
- Oui. Et puisque tu lui avais offert mon beau costume et l'argent de la génisse, moi, je lui ai offert mon cheval. Comme ça, Christophe sera bien monté pour revenir.

Si ce n'est vrai, ça se pourrait...
...mais plus de nos jours, ça se saurait !


Adaptation libre de Louis Banneux ( L'Ardenne mystérieuse )
par Chuipala
le Mer 25 Oct 2017 - 15:02
 
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Sujet: Le revenant de Trou de Bra
Réponses: 0
Vues: 342

Le meunier d'Arbrefontaine.


Pierre Lawarée, un meunier très aisé, habitait un superbe moulin d'Arbrefontaine. Il était célibataire, et une parente s'occupait du ménage.

Les villageois n'aimaient guère notre homme ; qui avait naguère séduit Catherine, jeune femme naïve, en lui promettant le mariage. Avant de l'abandonner, sitôt enceinte de ses œuvres, dans le besoin et dans la honte. La malheureuse habitait à présent Haute-Bodeux, gagnant sa subsistance et celle de son enfant d'une façon dure mais honnête.

Or, à cinquante ans sonnés, le meunier tomba malade. Sa ménagère, mise dans la confidence par le médecin et qui lorgnait sur l'héritage, se garda bien de lui révéler la gravité du mal. Ce n'était qu'une mauvaise fièvre, disait-elle, qui passerait d'elle-même. Il n'en fut rien, bien sûr. Et ce fut seulement lorsque Pierre Lawarée, sentant sa fin venir, l'eut couchée sur son testament, qu'elle fit la seule chose qu'il restait à faire : appeler le curé au chevet du mourant.

Le prêtre entendit la confession du meunier, et lui recommanda instamment de réparer l'injustice. Pierre promit donc solennellement d'épouser Catherine avant sa mort, et d'en faire son héritière.

Aussitôt le curé envoya Colas, le valet, vers Haute-Bodeux afin d'en informer Catherine. Mais le cheval du maisse étant fourbu il dut s'y rendre à pied, par de mauvais chemins que la fonte des neiges rendait plus difficiles encore. Qu'importe : Colas, heureux de participer au salut de son maître et au bonheur de deux êtres sur cette terre, se mit en route dans les giboulées.

C'est trempé, et crotté des pieds à la tête à force d'avoir glissé dans les fondrières, qu'il arriva en lisière des fanges de Reharmont. Celles-ci, plus traîtresses que jamais, menacèrent de l'engloutir au premier pas. Et Colas ne devait pas se forcer pour entendre, dans la bise, le fracas du ruisseau en débâcle qu'il lui faudrait franchir ensuite. S'il arrivait jusqu'à ses berges.

Alors notre Colas s'en remit à la bienveillance du grand saint Hubert. Et il pria si bien que le Cheval Hora n'attendit même pas la fin de son oraison pour apparaître : "Gloire au grand saint Hubert !" fut la salutation.

Colas ne dut pas réfléchir bien longtemps pour comprendre qu'il s'agissait du fameux destrier du saint, protecteur de l'Ardenne et des Ardennais. Ni pour sauter sur son dos ; ni, à peine en selle, pour se retrouver à Haute-Bodeux. Juste devant la masure de Catherine.

Celle-ci, mise au courant du serment fait par le meunier, et regardant son enfant, saisit la main tendue par Colas. Hora les conduisit tous trois devant le moulin, en moins de temps que met la foudre pour tomber. Puis il hennit de joie et disparut.

Personne ne sut jamais ce qui se dit, entre Pierre et Catherine. Mais le prêtre, resté au chevet du meunier pour parer aux noirs desseins de sa parente, ne tarda pas à bénir leur union. Pierre Lawarée expira le lendemain, dans un repentir sincère et sous un ciel tellement dégagé que le village tout entier y vit un signe.

Catherine et son fils s'installèrent au moulin, où ils vécurent heureux ; et d'autant plus estimés qu'ils prirent soin de Colas jusqu'à son dernier souffle. Et même au-delà, puisqu'ils firent construire une belle et grande chapelle à Reharmont, en sa mémoire et en l'honneur de saint Hubert.

Hora, lui, lit en ce moment même par dessus mon épaule. Et il approuve à ce point cette adaptation du texte original qu'il compte bien en porter un exemplaire à sa mère, Épona.

En val de Lienne, le 11 octobre 2017.


#Arbrefontaine #légendes #Reharmont

Source :

Ce texte est une adaptation, fidèle sur le fond, de celui que l'on peut trouver dans la première édition en français de Wintergrün ( Musée "En Piconrue" éditeur, Bastogne 2003 ) et dont la source est le Journal de Bastogne des 17 et 24 janvier 1892. Titre original : "Le mariage sur le lit de mort".


par Admin
le Mer 11 Oct 2017 - 13:02
 
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Sujet: Le meunier d'Arbrefontaine.
Réponses: 0
Vues: 187

La fée de la Lienne et la chèvre d'or de Grimbiémont


Les rocs s’en souviennent : en ces années vivait Rambert, un hobereau dont la motte castrale se dressait à Grimbiémont. Non loin d’une rivière dont on avait perdu le nom, mais dont les eaux cristallines n’en finissaient pas de subjuguer le modeste seigneur. Celui-ci, il est vrai - tout redoutable combattant fut il avéré - nourrissait un goût prononcé pour le beau. Et s'il pratiquait la chasse, c'était bien davantage pour se nourrir que par passion.

Ainsi l’aube venait-elle d’étaler ses brumes dans la vallée, ce jour-là, quand Rambert, au sortir d’un taillis, tomba nez à nez avec une biche magnifique. Celle-ci le regardait innocemment, tandis qu’il bandait le puissant arc en if pour décocher un trait mortel. Mais l'homme n’alla pas au bout de son dessein : baissant l'arme, il regarda l’animal s’en aller lentement vers la rivière. Il s'endormit alors. Subitement.

Et quand son instinct le fit sortir de sa torpeur, quelqu’un était là. Tout près. Qu'il devinait davantage qu'il le voyait. Le chevalier laissa glisser sa main vers la dague qu’il portait à la ceinture, dans un geste de dormeur. S’il fallait vendre sa peau, ce serait au prix fort. Quelque chose pourtant lui disait qu’il n’avait rien à craindre.

Le doute fut dissipé lorsqu'il ouvrit les yeux, se tournant vivement vers la présence. Celle-ci, une jeune femme aux cheveux blonds ondulant en cascade, d’une beauté irréelle dont le soleil faisait chanter les pleins et les déliés, le regardait paisiblement. Et ces yeux ! Il les connaissait bien, ces yeux : ceux de la biche, tout à l’heure ! Une petite chèvre au poil doré se tenait aux côtés de cette apparition, dont Rambert était certain qu’il ne l’avait jamais rencontrée sur ses terres ni sur celles d’alentours.

Ils se regardèrent longuement, sans mot dire, avant que le jeune homme rompe enfin le silence : « Je suis Rambert, seigneur en ces terres, et vous, belle dame, qui êtes-vous ? » « Appelez-moi Lienne, gentil seigneur ». Un silence, encore. De ces silences habités où tout s’exprime sans un mot. Où tout peut – où tout doit - se décider, faute de manquer l’un de ces rendez-vous que la vie place sur le parcours.

« Je… », balbutia Rambert. « Vous ? » répondit la femme en souriant. « Je… Je ne sais quels mots… vous dire… ». « Alors, à moi donc », enchaîna la belle : « Je suis la fée de cette rivière. Et comme tu l’as deviné, j’étais la biche, tout à l’heure. Que tu as épargnée. Tu ne me connais pas, mais moi je te connais. Peu importe comment, mais je te connais… attends, laisse-moi achever » fit-elle, en coupant doucement la parole au jeune homme. « Je sais quel est ton voeu, et combien grande est mon envie d’y répondre. Mais tu dois savoir que neuf années seulement nous seront données, au bout desquelles je devrai te quitter pour rejoindre mon royaume. Celui des dieux anciens. Dis-moi, à présent que tu sais, ce que ton cœur brûle d'avouer. S’il le veut toujours ». Rambert ne dit mot : il s’approcha d’elle, et l’étreignit.

Ils ne rentrèrent que quelques jours plus tard au château, où l’inquiétude suscitée par cette absence fit rapidement place à la liesse des épousailles. Auxquelles la petite chèvre au poil doré assista.

Les mois, les années passèrent, durant lesquels le sombre donjon de Grimbiémont se transforma en bienheureux séjour, couru par tout ce que l’Ardenne et alentours comptait de Compagnons, de ménestrels et de savants. Grâce à la chèvre, dont il suffisait de tondre les poils d’or – car c’était bien de l’or – pour payer bâtisseurs, orfèvres et autres marchands d’étoffes exotiques, la maison de Grimbiémont devint prospère. Reconnaissant, Rambert la fit même figurer sur ses armoiries. Les mois, et les années, passèrent.

Vint le jour des adieux. Là même où ils s’étaient connus, Lienne et Rambert se rendirent, seuls. La fée, émue, posa un ultime baiser sur les lèvres de son bien-aimé, qui ne pouvait retenir ses larmes : « Tant de bonheur, Lienne… »

Mais elle, déjà, se transformait en brume et disparaissait, laissant Rambert à son chagrin.

Il rejoignit tristement le château ou les cabrioles de la chèvre d’or, que son amour avait laissée, ne parvenaient plus à le distraire. Ménestrels et montreurs d’ours se firent de plus en plus rares. Un vieil homme, borgne et manchot, était devenu la seule présence que Rambert tolérait lorsqu’il s’en allait, des heures durant, arpenter les berges de la rivière à laquelle il avait rendu son nom : Lienne, en perdant celle qu'il aimait.

Désespéré, il partit pour la Croisade. Sans y trouver la mort, et bien qu'il la narguât tant et plus.

À son retour il quitta Grimbiémont, qui s’enfonça dans les broussailles. Grâce aux poils de la fidèle chèvre d’or, il fit alors construire un nouveau château à Grimbièville, quelques lieues plus loin. C'est là, quelques années plus tard et pressé par l'abbé de Stavelot, qu'il épousa Brunehilde. Très pieuse fille d'un seigneur voisin, celle-ci séjourna peu auprès de Rambert. Cette chèvre d’or, et les bruits qui courraient au sujet des amours de son époux avec une fée, lui faisaient redouter ce séjour. Où elle ne se trouvait d'ailleurs que pour obéir à son père.

Elle donna pourtant une descendance à Rambert, avant de rejoindre un cloître lointain selon son plus ardent désir. Le chevalier Rambert, pour sa part, vécut quelques années encore avant de rendre l'âme dans les bras de son seul ami, le vieillard borgne et manchot, tandis que la chèvre d’or lui léchait le front.

C’était, le croiriez-vous, en bord de Lienne. Et Rambert expira dans un sourire, alors qu' un voile de brume venu de la rivière se posait sur son corps.

Longtemps encore, les sires de Grimbièville vécurent prospères grâce à la Chèvre d’or. Mais la Grande peste survint, qui fit des ravages et n'épargna personne. Ainsi périrent les derniers descendants de Rambert. Le château fut abandonné, et avec lui la chèvre de Lienne. Un soir, un terrible orage s’abattit sur les murs désertés, rendant la pierre à la pierre, le bois à la forêt. Dans un éclair, on vit la Chèvre d’or s’élever dans les nuées, pour disparaître à jamais.

L’histoire est dite. Ou presque. Car si par bonheur vos pas vous mènent en bords de Lienne un matin d’été, quand la brume gorgée de soleil étend sa gaze sur les prés humides, il ne tiendra qu’à vous d’être attentifs pour apercevoir la fée. Celle qui, neuf années durant, fit le bonheur de Rambert sur cette terre avant de le conduire ensuite aux Îles Bienheureuses où, n'en doutez point, leur histoire se poursuit à jamais.

Patrick Germain, en val de Lienne le 24 octobre 2007 

#légendes #Grimbiémont

Merci à mon père, à Frédéric Kiesel, Louis Baneux, Pimpuriaux et quelques autres au nombre desquels... va savoir.....
par Admin
le Mar 26 Sep 2017 - 0:08
 
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Sujet: La fée de la Lienne et la chèvre d'or de Grimbiémont
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